Thunderbird image
spacing image
Search   CARD   MediaBase
Colours  
Myths
Stories
Drumming
Music
Sound
Video
Interviews
Artists
Press
Scholars Site
Teachers Site
Kids Site
Website français venant bientôt.
Native Drums Homepage
Tell us what you think... Take a site survey
Scholars Site
Teachers Site
Kids Site
Set Large Text
Set Medium Text
Set Small Text
  Visit our
companion
   website

Visit our companion website, Native Dance
Native Dance

 

Site Design
Design and
technology by
Sumner Group


Site Content
Content by
Carleton
University


Acknowledgement
This site was
made possible by
the support of

Heritage Canada Logo
Drum Gallery
Mask Gallery
Chapter Buttons
Paul Kane Watercolour - Ojibwe Cermonial Drum
Painted Cree Frame Drum
Cedar Box Drum
Frame Drum with 2 Snares
Octagonal Painted Frame Drum
Butterfly Painted Frame Drum
Ojibwe Frame Drum
Cedar Log Drum
Raven Wolf Drum
Halibut Drum
Sculpin Drum
Iroquois Water Drum
Ojibwe Bird Drum
Dzunukwa Mask
Kwigwis Mask
Bakwas Mask
Deaf Man Mask
Nulamal Mask
Crooked Beak Mask
Baxbakwalanuksiwe Mask
Owl Mask
Ancestor Mask
Xwi Xwi Mask
Accueil
Tambours
Masques
Histoires
Entrevues
Videos
Presse
Enseignants
Universitaires
Contexte
Deheigan

Bibliographie
Apropos

 

Video bullet
Morningstar
River Singers
Perform Live


Video bullet
Making an
Ojibwe
Hand Drum


Interview bullet
How to
find your
Voice


Interview bullet
The When
and Why
of Drums


 

Tambours indigènes
Dans le Contexte des Instruments du Monde

Elaine Keillor

Les instruments de musique des cultures des Premiers Peuples au Canada se sont développés à partir de matériaux naturels disponibles et sont de formes similaires à ceux qui se sont développés ailleurs dans le monde. Dans plusieurs cas, cependant, les Peuples indigènes du Canada ont créé des instruments uniques pour exprimer leurs besoins personnels et pour communiquer avec toute la Création. Cet essai examine brièvement les points communs au niveaux des symboles et de l’usage, aussi bien que les versions uniques de tambours des Premiers Peuples, d’autres instruments de percussions, et  d’inventions d’instruments à vent et à cordes.

Les Tambours à Cadre

Chaque tambour à cadre créé par un Indigène au Canada est considéré comme étant absolument original. A travers son inspiration et sa décoration, la membranophone créée en étirant une peau ou des peaux sur un cadre de bois, se retrouve dans les cultures de tous les continents, sauf l’Australie. La documentation la plus ancienne qu’on ait de tambours à cadre à main porte sur la période néolithique, il y a environ 10,000 à 6000 ans.

Une peinture trouvée sur un mausolée situé à Catal Huyuk, en Turquie, illustre des personnages qui jouent d’un tambour à cadre, avec des crécelles et un instrument musical qui ressemble à un arc, en dansant autour d’un grand cerf . (Redmond, 1997:17). Layne Redmond, une Américaine, qui a joué de  plusieurs tambours de traditions stylistiques différentes, a retracé des références d’anciens tambours à cadre à travers des documents archéologiques et des descriptions. Elle a découvert qu’entre 6000 et 2000 ans avant notre ère, différentes formes de tambours à cadre étaient souvent décorées de symboles comme la vulve d’un petit coquillage.  Des pétroglyphes encore existants, des sculptures et des céramiques qui montrent toujours une femme jouant du tambour.

Des objets sculptés dans l’os ou la pierre qui pourraient être des joueurs de tambour ont été datés de 16000 ans. Ceux-ci sont souvent décorés de vulves ou de seins. (Redmond 1997 :10).

circular frame drum, unpainted, front view

Redmond suggère que les plus anciens liens qui associent des tambours et des joueurs féminins provient de la compréhension personnelle qu’ont les femmes de leurs cycles rythmiques. La plupart des cultures traditionnelles d’Amérique du Nord basaient leur année sur les 13 mois du cycle lunaire.  Chaque mois lunaire ressemble en longueur au cycle menstruel d’une femme. Selon l’argument de Redmond, une femme se serait habituée à calculer le temps avec les cycles de son propre corps.  A la fin, elle finit par comprendre comment documenter le passage du temps et lier cela à d’autres cycles comme les marées, les saisons migratoires des oiseaux et des animaux, la croissance et la production des fruits, à partir des plantes pendant l’année (Redmond 1997 :11).

circular frame drum, unpainted, back view

Cette réalisation a probablement mené à la coordination communautaire des cycles de temps consacrés aux activités de travail qui devaient être assistées d’un battement de tambour. (Images provenant de la collection CERCLE de tambours peints et non-peints à cadre unique).

On retrouve également des liens entre les femmes et l’agriculture à l’époque et dans la région où les plus anciennes représentations de tambours ont été découvertes. En effet, la culture des plantes et les moissons étaient coordonnées avec le calendrier lunaire. On a retrouvé une pratique similaire dans l’économie des Haudenosaunee de l’Amérique du Nord, qui était basée sur l’agriculture.  On retrouve également des références au fait que la plupart des tambours ont une forme de pleine lune, dans les mythes des Premiers Peuples qui racontent que le tambour a été offert à une femme (Diamond et al. 1994: 37).

On retrouve, dans des régions aussi différentes que la Corée, l’Inde et l’Afrique, cette idée d’une membranophone sur chaque côté du cadre pour produire un tambour à deux têtes. Souvent, ces tambours prenaient la forme d’un tonneau ou d’un sablier. (Par exemple, un corps creusé dans du bois en forme de sablier, avec deux têtes en peau  attachées à chaque extrémité est connu sous le nom de donno chez les Peuples Dagomba du Nord du Ghana, ou de igba dans la culture Yoruba. African Hourglass Drum

On peut serrer sous le bras la série de cordes qui retiennent les têtes et qui sont suspendues à la circonférence, en suivant la longueur du tambour.  Cette pression peut réguler la tension sur les têtes du tambour pour en augmenter ou diminuer le son. Par conséquent, il est possible d’obtenir un certain nombre d’inflections de sons.

A cause de cette caractéristique et du fait que plusieurs cultures africaines utilisent des langues tonales, il est possible d’envoyer des messages linguistiques avec le tambour.  Plusieurs des langues des Premiers Peuples sont aussi basées sur le son, donc il est possible qu’il ait existé une pratique similaire de transmission de messages linguistiques entre les cultures.

Il est certain que le tambour des powwow résonne d’une manière particulière pour transmettre des signaux qui indiquent certaines activités des danseurs.
Dans la culture Ojibwe, le tambour à deux têtes est considéré comme étant particulièrement sacré et puissant. frame drums, double membrane, side view

D’autres instruments à percussion comme les divers genres de crécelles ont une documentation archéologique plus ancienne que les tambours.  Certains des plus anciennes dessins de tambours montrent des crécelles accompagnant les tambours.  Plus lard, ces deux principes de production de son furent combinés en ajoutant des  clochettes  au tambour comme dans un tambourin.  Le tambour muni de clochettes, qu’on appelle aussi duff, est également aussi connu au Moyen-Orient, en Asie du Centre et de l’Est, et certaines régions d’Afrique et d’Amérique latine.

Dans les Relations jésuites écrites au milieu des années 1700, un prêtre décrit un tambour utilisé à des funérailles Nissiping comme ``étant un tambourin encerclé de petites clochettes`` (Thwaites  1959: vol.70, 149). Dans la collection du Musée Royal ontarien, il y a un tambour Haudenosaunee qui possède des coquilles de moules attachées à son cadre en guise de clochettes (ROM 958.131.742 illutrés dans Diamond et al.1994: 105).

La  pratique d’attacher des crécelles à des tambours a été retenue dans des instruments employés par des Innu et des Cree Nehiyaw. Ces doubles membranophones ont des caisses claires tout autour et parfois en dessous, et une des membranophones située aux angles droits. Des petits morceaux d’os ou de bois sont attachés à l’une ou aux deux.

Certaines cultures de langue Athapaskan au Canada ont des caisses claires sans liens étirés ni au-dessus ni au-dessous de l’unique membranophone. Bien qu’on ne trouve pas fréquemment l’unique membranophone à caisses claires dans les instruments traditionnels dans le monde, elle a été utilisée par certaines cultures asiatiques. Le  bendir ou tambour à main d’Algérie et du Maroc en est un exemple notable. 

Tambour à Eau

Une membrane placée au-dessus d’un ustensile contenant de l’eau utilise les qualités spéciales de l’eau pour la conduction du son. La quantité d’eau dans l’ustensile affecte le son qui en résulte.  Ce type d’instrument semble être une invention unique aux cultures indigènes des Amériques.

Au Canada, par exemple, on a trouvé que chez les Haudenosaunee, ce qui forme la partie centrale est une planche partiellement creusée pouvant avoir un trou de bonde pour ajuster la quantité d’eau. (Exemple de la collection CERCLE et ou Woodland). C|hez les Ojibwe et les Iroquois, on humidifie la tête de la membrane avant de l’utiliser.

Certaines descriptions anciennes écrites, y inclus des références  dans les Jesuit Relations, font  état de Premiers Peuples qui étirent une membrane au-dessus d’une bouilloire ou d’un pot pour faire un tambour.  Malheureusement,  ces descriptions ne précisent pas si la bouilloire contient de l’eau.  Aujourd’hui, s’il n’y a pas de pot ou d’ustensile en bois creux, on peut utiliser une boîte de conserve.

On peut souvent voir cette forme lors de réunions chez les Haudenosaunee.  (Exemple de la collection CERCLE).  Lors d’une occasion où des tambours en bois et des tambours à eau en métal sont utilisés, l’observateur pourrait penser à une tabla du Nord de l’Inde. (Exemple la collection CERCLE). On joue toujours simultanément du tambour en coquille de bois avec le tambour ustensile en métal de la tabla.

En Inde du Nord, on considère la tabla comme un tambour à deux têtes, dont on joue  avec une main sur chaque tête (Wade 1979: 135). Dans les années 1600, les musiciens de cette culture décidèrent du son de l’ustensile en métal, ainsi que de l’ustensile en bois, qui bien qu’ils soient très différents, se complétaient très bien.

D’autre part, il arrive qu’avec le tambour à eau de la culture des Premiers Peuples, on substitue de temps à autre un ustensile en métal à un ustensile en bois.  Ce choix semble être plus pratique car les deux ustensiles sont capables de produire un son approprié aux besoins des musiciens.

En tout cas, ce qui rend unique les formes Nord-Américaines est l’introduction de l’eau dans l’ustensile.

Tambours aux anses en bois liées

Dans certaines cultures à travers le monde, on trouve des tambours à cadre à double membrane qui possèdent une anse attachée pour tenir l’instrument.

Les rnga du Bhoutan possèdent des membranophones sur chaque côté du cadre en bois auquel est attaché un long manche. Au Musée d’Anthropologie de l’Université de Colombie britannique, on trouve un beau tambour à main Haida peint que l’on bat avec un bâton capitonné. Il est quelque peu similaire au tambour rnga. (Davies 1980 : 13).

Le tambour Inuit est différent. (Image de la collection CERCLE de tambours Inuit  ou d’une sculpture en pierre à savon). Ni les bâtons capitonnés, ni ceux qui ne sont pas capitonnés, ne viennent vraiment frapper la membrane étirée.  Au lieu de cela, le batteur frappe les deux côtés inférieurs du cadre du tambour en alternant les mouvements de rotation. Sur des tambours traditionnels plus vieux, les anses, qui sont un peu en retrait par rapport au centre, sont retenues à un angle. Cela facilite la chute naturelle du grand intrument. Dans la région Delta Mackenzie, le bâton long non capitonné qu’utilisent les Inuit frappe les deux côtés inférieurs du cadre par le bas.

C’est seulement lorsqu’un coup très fort est donné que le batteur Inuvialuit touche la peau étirée du tambour. Ces deux méthodes pour battre des tambours équipés d’anses en bois  semblent être uniques à la région circumpolaire.

Autres Instruments à Percussion

Certains Premiers Peuples au Canada racontent que le tambour n’a pas toujours existé chez eux.  Par exemple, les Gwich’in (Loucheux) attribuent l’arrivée de leur tambour à leur observation de ceux des Inuvialuit. Avant la création du tambour parmi ces cultures, celles-ci auraient utilisé une variété d’instruments faciles à fabriquer qui produisaient des rythmes.

Bien d’autres matériaux peuvent produire des sons de battement ou de cloche qui accentuent la percussion pour accompagner la danse et le chant.  Dans le monde entier, les peuples se sont servis de ce qu’ils ont trouvé dans leur environnement immédiat : les coquillages, le bois, les plantes comme les gourdes, les ustensiles faits de peaux d’animaux. Haudenosaunee Cowhorn Rattle Et parce qu’on ne trouvait ces matériaux que dans des lieux géographiques bien précis,  la résonance qui en résultait était unique.

Par conséquent, les anneaux des Premiers Peuples proviennent de matériaux uniques à leurs origines topographiques spécifiques. Haudenosaunee Deer Toe Rattle.

Les Premiers Peuples ont traditionellement partagé des caractéristiques avec d’autres cultures nomades dans ce sens qu’ils fabriquaient des instruments de musique et s’en débarrassaient  avant de voyager.  Il était évident que pour faire une partie de chasse, il était préférable de s’en tenir à un minimum de bagage.

Par conséquent, les musiciens confectionnaient leurs instruments sur place. Cela pouvait être le cas du racloir. En effet, on produisait le son du racloir en faisant plusieurs coupures dans un bâton, puis en le frottant périodiquement avec un autre bâton.

Ailleurs, en Amérique, où l’économie locale ne dépendait pas de longs déplacements pour aller chercher du gibier, on pouvait trouver des racloirs soigneusement décorés et ciselés.  Voici un bel exemple d’un racloir fait à partir d’une gourde qui vient du Pérou.  Peruvian Gourd Rasp

Parmi les les idiophones les plus ingénieux que l’on a trouvés au Canada il y a des anneaux en bois qui proviennent des communautés de la Côte Ouest. (Exemples des collections CERCLE et U’mista). Les peuples de la Côte Est ont des instruments similaires, notamment les jigmaqn (ji’kmaqn) des Mikmaq. Mi'kmaq Ji'kmaqn, Le terme jigmaqn était employé pour signifier battre une grand morceau de bois ou d’écorce mais l’instrument qu’on appelle aujourd’hui jigmaqn (ji’kmaqn) était fait de d’un morceau de frêne blanc  coupé en longueur en des couches le long du grainage. Celui-ci était ensuite frappé contre la paume de la main pour produire un battement rythmique qui accompagnait les danses et les chants.

Instruments à Vent

En Amérique centrale et du Sud, des archéologues ont découvert plusieurs flûtes que l’on souffle par en le bas et sur le côté, ainsi que de multiples instruments en forme de tube comme des flûtes de pan. Parmi ceux-ci, on trouve des flûtes grenées au bout en roseau, une tarka sculptée qui est un aérophone latéral avec un tube incorporé du Pérou, une flûte de Bolivie, et une faite en argile qui vient du Mexique. (Exemples de la collection CERCLE, ainsi qu’une flûte des Bois (Woodlands). A ce que l’on appelle aujourd’hui Terre-Neuve, des archéologues ont documenté des sifflets en os datant de mille ans au moins.  On peut voir sur ce site l’image d’une flûte datant de plus de 1400 ans qui provient du Sud de l’Ontario :
http :  www.civilization.ca cmc archeo cvh ontario v45-16.html 9 (Faire lien).

Les enfants de plusieurs cultures ont découvert qu’ils pouvaient utiliser des brins d’herbe ou des plumes d’oiseaux pour faire des sifflets. Les Inuit appellent suluk leur sifflet qui est fait à partir d’une plume d’oie blanche.  Un autre intrument à vent qui est tout fait est la coquille de conque. Dans le film recent Totem, on peut voir un Haisla en train de danser en soufflant dans une conque. Comme dans les pays Scandinaves, les peuples des régions les plus au Nord de ce qu’est aujourd’hui le Canada, faisaient des flûtes de saule au printemps.  Celles-ci ne pouvaient être faites que lorsque la sève commençait à s’éléver et se répandre dans les branches.  On ne pouvait utiliser ces  flûtes, qui n’ont qu’une ouverture ou deux, ou peut-être même plus, que jusqu'à ce que le bois devienne sec. (Images de la collection CERCLE) .

Des archéologues allemands ont récemment découvert, dans une cave des Montagnes Swabes (Swabian Mountains), une flûte de 30,000 ans, découpée dans une défense d’ivoire de mammouth à laine, et possédant trois trous pour les doigts. (Anon. 2005: 3).  En Amérique du Nord, on incisait des défenses et des cornes d’animaux pour faire des crécelles ou parfois des aérophones. Une flûte de corne de vache Sénéca qui l’on trouve au Musée national des Indiens américains, à Washington, possède 6 trous pour les doigts  (Diamond et al. 1994:104).

L’usage d’une flûte en os est nécessaire à plusieurs cérémonies traditionnelles dans  plusieurs cultures variées des Plaines et des Plateaux. Ces flûtes sont en fait de simples sifflets faits à  partir d’os d’oiseaux. En effet, les sifflets en os d’aigle sont des instruments majeurs dans des cérémonies comme la Danse du Soleil (Sundance). En outre, ce genre de sifflet peut aussi être utilisé dans un powwow pour chanter les louanges des musiciens et pour demander un autre chant. (Dessin d’Iain Phillips d’un sifflet Cree en os utilisé dans la Danse de la Soif).  Dans des présentations dramatiques des cultures de la Côte  Nord-Ouest, on utilise un sifflet en bois à son unique. (Dessin de Iain Phillips d’un sifflet de 40 cm de long utilisé dans des cérémonies de Nuu-cha-nulth; Un sifflet en forme d’oiseau Salish découpé dans une écorce de cerisier et de cèdre de 6cm de long, employé dans la Danse Wal-Wal que l’on danse pour nourrir un danseur d’un esprit novice.

En outre, des sifflets à plusieurs sons faits en bois et jonc scellé, étaient fabriqués par plusieurs cultures de la Côte Nord Ouest.

Chacun de ces sifflets représentait un personnage particulier que l’on décrivait dans une histoire ou dans une présentation dramatique. (Dessins de Iain Phillips de deux sifflets Kwawaka ‘wakw multi-sons. Les Kwakwaka’wakw ont même développé un sifflet avec des souffleurs afin de permettre à un acteur de produire le son sans avoir à porter l’instrument à ses lèvres. (Dessin de Iain Phillips d’un sifflet à souffleurs).

Nous avons quelque indications selon lesquelles il se pourrait que les flûtes à tube unique grenées au bout étaient utilisées par plusieurs cultures dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Canada, avant la période de contact. On trouve, au Musée d’Anthropologie de l’Université de Colombie britannique, une flûte Haida qui mesure environ 45 centimètres faite en argile, coquillage, ormeau et ivoire avec 6 trous pour les doigts.  Celle flûte pèse environ 4 kilogrammes (Davis 1980 : 13).

Des mythes provenant de plusieurs cultures et d’autres témoignages oraux confirment l’existence parmi des cultures comme les Mi’kmaq, les Algonquiens, les Iroquois, les Ojibwe, les Siouan, les Okanagan, les Nlaka’pamux (Thompson) et les Makah, d’une  flûte que l’on souffle par le bout avec un sifflet à embouchure. On soufflait par le bout de cet aérophone à bordure qui avait un évent encastré muni d’un déflecteur détachable qui laissait passer l’air.

Cette flûte qui pouvait mesurer de 40 cm à un mètre, avait normalement 6 trous pour les doigts, mais le nombre varie de 5 à 7 (Conlon 1983 : 97). Cette structure était unique au monde parce que son déflecteur, qui était en fait un bloc externe, un morceau de bois placé à l’extérieur de la flûte, et qui dirigeait l’air vers la chambre.

Cet instrument était largement employé pour le loisir personnel, surtout par des jeunes gens pour courtiser leurs belles. Dans la région des Plaines, on l’utilisait pour transmettre des signaux lors de raids.  Pendant certaines cérémonies Ojibwe, Iroquoises et Makah,  cet instrument jouait un rôle important. (Images de flûtes des collections CERCLE et Woodlands).

Instruments à cordes

De part le monde, les sociétés de chasse qui utilisaient l’arc et la flèche, avaient aussi découvert les capacités sonores de cette combinaison.  Par exemple, les Cree Nehiyaw  manipulaient l’instrument de chasse pour en faire un arc à bouche qui donc produisait un son et une mélodie grâce à des sons dominants.  Dans le film Buffy Sainte Marie : Là-haut chez nous,  Buffy joue de l’arc à bouche pour la chanson ``La Crique des infirmes`` (The Cripple Creek).

Le débat fait encore rage à savoir si le violon Inuit tautirut est un instrument qui date de la période pré-contact ou non. (Exemple d’un instrument du MRO). On en joue d’ordinaire en le courbant ou en le frappant avec un bâton. Il ressemble aussi à  un genre de cithare qu’on trouve dans le Nord de la Finlande (Diamond 2001 : 1275). La plupart des chercheurs croient qu’il s’agit d’un développement post-contact qui a été adapté à partir de violons que jouaient des Européens à bord de baleiniers.

La version arctique canadienne consiste en une boîte en forme de triangle avec un trou au dessus et une ou trois cordes sinueuses qui étaient liées avec des chevilles, un pont ou une jointure de faux quartiers. Comme pour tous les instruments Indigènes canadiens,  les gens employaient ce qu’ils trouvaient à portée de la main d’une façon ingénieuse pour produire des sons musicaux.

Conclusion

Jusque-là, nous n’avons aucune preuve pour indiquer qu’une flûte en forme de tube simple avec des trous pour les doigts, et un bloc externe ait été développée nulle part ailleurs qu’en Amérique du Nord (Olsen  2004 : 266). Il se pourrait qu’une enquête organologicale approfondie puisse démontrer que certains types de sifflets et de crécelles soient uniques aux Premiers Peuples du Canada.  Il est peut être aussi vrai de certains tambours à cadre, mais le tambour à eau est unique aux Peuples Indigènes d’Amérique du Nord.  En général, les musiciens jouent de leurs tambours en  utilisant une sorte de bâton, qu’il soit capitonné ou non, pour donner un son à leurs ``Tambours indigènes``.  Les seules exceptions sont les tambours que l’on frappe avec le poing comme chez les Inuit, les tambours à boîtes, et les tambours de la Côte Nord Ouest.

Ouvrages de référence cités

Anon. 2005. La flûte retrace les origines de la musique à l’Ere glacière.  International Musician. (Février 2005) : 3.

Conlon, Paula . 1983. La Flûte de l’Amérindien canadien. Une analyse de la flûte à sifflet  vertical avec bloc externe et sa musique. Thèse de Maîtrise, Université Carleton.

Diamond, Beverly. 2001. ``Survol du Nord du Canada``. In The Garland Encyclopedia of World Music, volume 3, The United States and Canada. Ellen Koskoff, ed. New York
London : Garland Publishing, pp. 1274-1278.

Diamond, Beverly, M. Sam Cronk, and Franziska von Rosen. 1994. Visions sonores: Instruments de musique de communautés des Premières Nations en Amérique du Nord et de l’Ouest. Waterloo : Presses universitaires de Wilfrid Laurier.

Olsen, Dale. 2004.``Aérophones à usage traditionnel en Amérique latine en référence à l’Amérique centrale et le Mexique.`` In La musique en Amérique latine et les Caraibes : Une Histoire encyclopédique, volume 1. Melena Kuss, éditeur: Presse de l’Université du Texas, pp. 261-328.

Redmond, Layne. 1997. Quand les batteurs étaient des femmes : Une histoire spirituelle du rythme. New York.  Presse des Trois Rivières.

Thwaites, R.G. 1959. Les relations Jésuites et documents alliés. New York: Compagnie Pageant Book. Re-impression. Les 73 volumes de l’édition sont disponibles  sur http :  www.canadiana.org.

Wade, Bonnie C.  1979. La musique en Inde : Les traditions classiques. Prentice-Hall.

Films

Buffy Sainte Mary: Là-haut chez nous. CBC Astral A1107.
Totem : Le retour du Pôle G’psgolox. 2003.  L’Office national du Film canadien. 

   * * *

 

Valid XHTML!     Level Triple-A conformance icon, W3C-WAI Web Content Accessibility Guidelines 1.0

 

Retourner en Haut


This project was made possible with the support of the Department of Canadian Heritage through Canadian Culture Online

Heritage Canada Logo